AAC – 6e colloque international de Philosophie économique – 29 juin au 1er juillet 2023, Sciences Po Lille (France)

Philosophie économique à l’âge de l’anthropocène

Nous sommes entrés dans une période où nos activités humaines et, en particulier, nos activités économiques transforment voire menacent les écosystèmes. C’est ce qu’il est convenu d’appeler l’anthropocène. Son avènement correspond à l’essor de la révolution industrielle, que certains associent également au développement du capitalisme, justifiant pour certains le néologisme de capitalocène. La destruction du commun – les climats, les milieux, les espèces, etc. – semble irréversible, menaçant l’habitabilité de la terre et la biodiversité. L’humanité devient le sujet de cet événement considérable, sans distinction d’appartenance culturelle ou nationale. Nous n’avons pas les institutions pour faire face à ce défi sans pareil dans l’histoire, et ne savons pas non plus quelle discipline scientifique peut faire de cet événement son objet. Les principaux courants de la science économique s’avancent avec leurs dispositifs de mesure du bien, de sa croissance, de sa distribution et de son utilisation. Sont-ils équipés pour mesurer la destruction du bien commun et y apporter des remèdes ?

Les différents courants de l’économie ne sont pas en capacité de fournir une mesure universelle, au-delà des découpages politiques des États-nations, de la production, distribution et consommation des richesses. L’humanité prise comme l’agent économique de l’anthropocène ne sait pas comment agir, elle est tétanisée et nous ne savons que faire ni comment faire. L’économie est mise en échec. Cette crise n’est pas seulement une crise de l’économie, ni une crise de l’humanité ou une crise du sens, c’est aussi et surtout une crise morale, intellectuelle et scientifique. Soit une crise de l’esprit qui a animé la Modernité. La philosophie économique est ici convoquée car les prétentions de l’économie à fournir les instruments de mesure pour guider l’action individuelle et collective sont contestées. L’économie peut-elle encore nous instruire et nous guider face aux enjeux de l’anthropocène ?

Certains économistes continuent à croire que cette science a les moyens de répondre de ces défis, qu’elle dispose des outils et de la méthode pour construire et proposer de nouveaux indicateurs en vue d’orienter les choix collectifs. Elle s’adresse aux législateurs de tous les pays dans l’espoir qu’ils s’unissent dans un programme commun de transition écologique et économique, sans remettre en cause l’esprit de la théorie économique, du capitalisme et des Temps Modernes. Mais cette économie, qui voit dans le législateur le sujet économique privilégié, n’est-elle pas en voie d’épuisement ? Peut-elle inclure le commun à ses dispositifs de mesure ? La monnaie et le système bancaire centralisé restent-ils des institutions pertinentes pour agir face à l’urgence ? L’anthropocène n’est-il pas le symptôme de la perte de la souveraineté économique des États ? etc.

La question d’une autre économie est posée. L’économie n’a pas toujours eu la forme capitaliste globalisée que nous lui connaissons aujourd’hui. Par le passé d’autres économies ont existé, ne constituant pas un système monétaire de production et d’échange sous l’autorité du Léviathan. D’où les questionnements suivants qui constituent autant de pistes de réflexion pour ce colloque :

  • Assiste-t-on au retour d’une économie non politique, soit une économie éthique de l’usage ?
  • Une économie locale plus soucieuse des milieux serait-elle la réponse aux défis contemporains ?
  • S’agit-il d’un retour à des formes économiques du passé, primitives, domestiques ou communautaires ?
  • La crise actuelle est-elle donatrice du sens de ce qui nous advient : le don d’une humanité commune qui nous oblige au service d’autrui et du semblable ?

Enfin, dans l’urgence de la situation présente, des réflexions autour des types de rationalité écologique, de l’injustice environnementale, des communs et du commun, de la transition écologique et de la délibération démocratique, et de toutes autres contributions philosophiques et économiques nourries de penseurs ayant contribuer à défricher ce champ de recherches seront bienvenues.

DATES À RETENIR

20/01/2023 – Dépôt des résumés

13/03/2023 – Notification de la décision du comité scientifique

15/05/2023 – Date limite d’inscription au tarif réduit

12/06/2023 – Date limite de dépôt des articles

FRAIS D’INSCRIPTION

Chercheurs·se en poste – 150 euros avant la date limite, 250 euros après

Doctorant·es, post-doctorant.es et chercheur·ses de pays à faible revenu – 50 euros

Dépôt des résumés et informations sur le colloque :  https://6philoeco.sciencesconf.org/?forward-action=index&forward-controller=index&lang=fr

 

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