L’aggravation de la crise de l’Union européenne
La crise de la zone euro menace l’avenir de l’intégration européenne. Mais au lieu de contester le pouvoir des institutions financières qui sont à l’origine de la crise, les autorités européennes ont imposé des programmes d’austérité à la Grèce et à d’autres pays périphériques de la zone euro. Elles ont élaboré des politiques centralisées pour imposer à tous les États membres une discipline budgétaire hautement restrictive qui risque de saper la légitimité démocratique
de l’Union européenne (UE).
Les mesures budgétaires restrictives ont déprimé la demande en Europe, et les prévisions économiques pour 2012 indiquent une quasi?stagnation. Ce qui aggravera les difficultés des pays en déficit face au
service de leur dette. Un sommet de la zone euro à la fin octobre 2011 a décidé que la dette de la Grèce devait être réduite de 50%, mais la panique a gagné les détenteurs d’obligations. Ce qui a affecté aussi de grands pays comme l’Italie et l’Espagne.
Les programmes d’austérité dans les pays européens de l’Est (Lettonie, Roumanie et Hongrie) et la périphérie de la zone euro (Grèce, Portugal et Irlande), ont conduit à des récessions particulièrement graves. Les coupes budgétaires importantes ont été accompagnées de demandes de privatisations et de déréglementation des marchés du travail.
Les pays voisins du Sud?Est de l’Union européenne et la Turquie, dont beaucoup étaient tributaires des entrées de capitaux, ont aussi été durement touchés par la crise. Comme les pays d’Afrique du Nord, ceux?
ci avaient tous été fortement encouragé par l’UE à ouvrir leurs économies.
La croissance dans plusieurs pays européens, en particulier l’Allemagne, a bénéficié de la forte reprise du commerce mondial depuis 2010, mais comme les excédents générés par la Chine et le Japon, cela contribue à une extension dangereuse des déséquilibres mondiaux. Les faibles taux d’intérêt en Europe, et surtout les Etats?Unis, ont conduit à la déstabilisation des entrées de capitaux dans plusieurs pays à revenu intermédiaire, augmentant leurs taux de change.
La catastrophe de Fukushima a conduit l’Allemagne à rétablir son programme d’abandon de l’énergie nucléaire, mais cela n’a pas été fait ailleurs en Europe. Après l’échec de la conférence de Copenhague, l’UE
n’a pas réussi non plus à formuler une réponse adéquate dans le domaine du changement climatique. La production agricole européenne, qui est basée sur un modèle industriel qui a échoué, a des effets sociaux et environnementaux négatifs dans l’UE et sape la capacité des pays en développement à se nourrir.
Les mauvaises politiques conduisent à de mauvais résultats ? Une critique de la politique de l’Union européenne …
Article original