Communiqué de l’AFEP – Évaluation des revues

Contre le ranking des revues en économie, l’AFEP réaffirme son opposition à une évaluation de la recherche fondée sur des indicateurs exclusivement quantitatifs

Contre le ranking des revues en économie, l’AFEP réaffirme son opposition à une évaluation de la recherche fondée sur des indicateurs exclusivement quantitatifs

Janvier 2026

Dans sa défense du pluralisme en économie, l’AFEP rappelle son opposition à l’utilisation de toute liste hiérarchisée de revues (ranking) dans l’évaluation des enseignant·e·s-chercheur·euse·s de la section 05 du CNU.

L’idée, et a fortiori l’existence comme c’est le cas aujourd’hui, d’une liste hiérarchisée est en effet contradictoire avec une évaluation qualitative des travaux, principe qui devrait guider toute évaluation. Elle est en opposition frontale avec les principes de la science ouverte, qui ont justement conduit la section Économie et Gestion du CoNRS à renoncer à toute forme de classement de revues en décembre 2020 suite à la signature par le CNRS de la charte de San Francisco-DORA[1]. Cette même logique a logiquement conduit à l’abandon par le HCERES de sa propre liste classée de revues en décembre 2021.

Alors que les enjeux globaux contemporains apparaissent de plus en plus complexes, les éclairages pluridisciplinaires sont plus que jamais nécessaires. Il apparait absurde que de tels travaux, souvent publiés sur des supports ignorés (ou mal classés) d’une liste hierarchisée, parce que non uniquement ancrés en économie ou parce qu’ils n’adoptent pas le cadre de référence standard, aboutissent à une évaluation médiocre ou soient découragés par les instruments d’évaluation archaïques forgés par certains membres de la discipline. Une liste hiérarchisée de revues réduit in fine la possibilité pour des économistes de voir leurs travaux reconnus par leurs pairs lorsqu’ils s’inscrivent dans des dialogues pluri- ou transdisciplinaires.

L’actualisation de la hiérarchie des revues, pour malgré tout faire survivre une telle liste, ne peut que renforcer le recours à des instruments quantitatifs pour l’évaluation des chercheuses et des chercheurs au sein de la section 05. Cela ne fait que souligner que ce classement n’est qu’un instrument de domination de certaines approches, techniques, méthodes ou courants de pensée sur d’autres, ce qui est en contradiction avec les principes de l’AFEP – et les principes scientifiques en général. Cela entérine le biais selon lequel seules les publications figurant dans le haut de la liste seraient jugées importantes et dignes d’intérêt, excluant entre autres les travaux publiés dans des ouvrages ou dans des revues aux intersections disciplinaires.

Cet attachement profondément anachronique aux listes hiérarchisées de revues et aux outils d’évaluation quantitatifs doit être abandonné ; comme le HCERES l’a d’ailleurs validé. Aucune spécificité disciplinaire n’explique l’attachement de la section 05 à une liste hiérarchisée, sinon la volonté de maintenir la domination de certaines approches au détriment des approches hétérodoxes et institutionnalistes.

L’AFEP continue ainsi de défendre l’importance du pluralisme des approches dans la recherche en économie, ce qui passe par la reconnaissance d’une large palette de « produits de la recherche », notamment les ouvrages, et la valorisation de tous les aspects du métier des enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs.

[1] Préparée en 2012 par des scientifiques de l’American Society for Cell Biology et un groupe d’éditeurs de journaux scientifiques, publiée en 2013, la Déclaration de San Francisco (en anglais, San Francisco Declaration on Research Assessment ou DORA) vise à améliorer l’évaluation de la recherche scientifique. Elle remet en cause l’usage du classement bibliométrique comme indice au service de l’évaluation de la recherche ou des chercheurs, formule un certain nombre de recommandations pour améliorer la pertinence de l’évaluation, incite à reconnaître les autres produits de la recherche et encourage à développer de nouveaux indicateurs relatifs à l’importance et à l’impact des produits de la recherche.

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