10e Congrès international de l’AFEP 2020 : Ressources – 1 au 3 juillet 2020 – Toulouse

Annulation du colloque de l’AFEP 2020

Le comité d’organisation en accord avec le CA de l’AFEP a décidé, à contrecoeur, d’annuler le prochain congrès de l’AFEP, ainsi que les doctoriales, qui devaient avoir lieu à Toulouse entre le 30 juin et le 3 juillet. Nous nous retrouverons à Toulouse pour le congrès début juillet 2021.

Il s’agit d’une décision logique étant donnée la situation sanitaire globale et étant données les implications en termes d’organisation du travail à distance, de prise en charge des activités familiales, de surtravail…
Il s’agit également d’une question de dignité, en cette période où nombreux sont celles et ceux qui ont ou auront à prendre soin de leurs proches.

Nous tenons à remercier particulièrement les membres du comité d’organisation pour le travail réalisé jusqu’ici ainsi que les partenaires mobilisés. Nous remercions sincèrement les collègues ayant proposé des  communications ainsi que des ateliers qui s’annonçaient tout à fait enthousiasmants. Nous considérons que vos propositions sont maintenues pour l’année prochaine, à moins que vous ne les modifiez ou ne les retiriez d’ici là. Bien entendu, de nouvelles propositions seront également bienvenues.

Nous serons ravis de vous accueillir à Toulouse à ce moment-là, dans des conditions plus sereines. D’ici là, l’AFEP organisera des événements intermédiaires, sans doute dans le courant de l’automne 2020, autour de l’actualité des réformes politiques, toujours brûlantes dans cette période de crise.

Dans l’attente de vous accueillir toutes et tous à Toulouse l’année prochaine, le comité d’organisation et le CA de l’AFEP vous souhaitent de tirer le meilleur parti du confinement.

Prenez soin de vous.
Les membres du comité d’organisation du congrès 2020 et du conseil d’administration de l’AFEP.

Le site du colloque 2020 – 10e Congrès de l’AFEP : Ressources

Les multiples crises environnementales, migratoires, sociales, financières, productives, bancaires… que connaissent les sociétés contemporaines sont multifactorielles et interconnectées. La question des ressources se situe au cœur de ces épisodes, mettant en relief des enjeux majeurs à différents points de vue, relatifs à leurs définitions, à leur distribution et aux modalités de leur mobilisation et leur gestion stratégique et politique. S’il ne s’agit pas de réduire l’ensemble des faits sociaux et économiques à la problématique des ressources, il apparaît néanmoins nécessaire de questionner « ce qui fait ressource », dans diverses circonstances.

Cela nécessite de considérer l’ensemble des dynamiques politiques, économiques et institutionnelles qui président à leur (re)production, leur appropriation, leur mobilisation et activation, leur usage et aux conflits qui y sont liés, ainsi qu’à leur mise en valeur économique (rivale) et/ou sociale. En bref, il s’agit de questionner et de comprendre les processus qui permettent de constituer et de qualifier des objets et/ou des dispositifs en ressources, et de les gérer (de manière privée ou collective), mais également de questionner les processus par lesquels les ressources habilitent et contraignent.

Réfléchir à la question des ressources présente l’intérêt d’envisager un double croisement : à la fois disciplinaire et thématique. Les ressources renvoient très largement aux conditions de possibilité de l’action individuelle et collective, problématique au cœur des sciences humaines et sociales. Elles concernent évidemment les phénomènes économiques, notamment de manière très classique les échanges marchands (dotations initiales, droits d’accès, revenus, capacités propres à la prise de décision…). Cette thématique ouvre également vers les approches institutionnalistes, qui considèrent l’ensemble des ressources dont disposent les collectifs et les organisations (notamment les entreprises, quelles que soient leurs formes) pour assurer leurs fonctions économiques et/ou sociales : travail (ressources humaines, modalités d’organisation et de qualification du travail, ressources en connaissances…) ; capital (actifs financiers, capital manufacturé, foncier…) ; connaissances (patrimoines productifs collectifs, savoir-faire locaux, droits de propriété intellectuels) ; dispositifs de coopération et réglementation publique ; régime institutionnel d’accès aux ressources, etc.
Aborder les questions de l’organisation productive par une entrée par les ressources permet d’introduire ou de réintroduire dans les débats économiques au moins trois enjeux principaux de questionnement :

1. L’entrée par les ressources permet de réactualiser les enjeux écologiques, via la problématique de raréfaction des ressources environnementales et de leurs seuils de renouvellement ou de résilience, ainsi que de leur destruction. Étant donné le caractère de bien commun de ces ressources, cette thématique invite également à réinterroger les formes d’appropriation et les régimes de propriété dans lesquels elles sont inscrites. Plus généralement, l’entrée par les ressources invite à reconsidérer les rapports (productifs ou non, d’usage ou non) que les sociétés humaines entretiennent avec leur environnement naturel, mais également
les rapports de pouvoir qui constituent les liens sociétés/natures.

2. Aborder les phénomènes économiques et sociaux au prisme des ressources conduit à privilégier une approche par les processus, inscrits dans une temporalité historique, par lesquels des objets, des institutions ou des dispositifs « font ressources ». Les ressources ne peuvent être qualifiées comme telles qu’à partir du moment où elles ont été « activées », c’est-à-dire où des dispositifs ont été agencés et configurés de manière à servir un objectif défini. Ces processus posent de nombreuses questions. Quelle est leur nature ? Dans quelle mesure et comment structurent-ils et organisent-ils l’action collective et/ou l’action publique ? Comment et par qui sont mis en oeuvre les agencements et processus d’activation ? Comment les objectifs
ont-ils été négociés ? Avec quel degré de légitimité ? etc.

3. La thématique des ressources invite à (re)questionner le rôle des espaces, tant géographiques qu’organisationnels, dans l’activation mais aussi la préservation des ressources. Les enseignements de l’économie industrielle, de l’économie régionale, ainsi que de la géographie et de la sociologie des réseaux mettent l’accent sur les rôles des proximités géographiques, organisationnelles et cognitives dans les processus de coordination et dans les transactions. Cette thématique invite ainsi à ne pas négliger la dimension politique propre, non seulement aux ressources elles-mêmes, mais également, et peut-être surtout, aux différentes manières de les qualifier (capital, actif, patrimoine…) selon les objets considérés (ressources naturelles, humaines, cognitives, relationnelles, territoriales, économiques, financières…).

Les mouvements sociaux en cours, notamment en France, mais également l’actualité européenne, la reconfiguration des accords multilatéraux, les mobilisations environnementales ainsi que les enjeux migratoires internationaux ont mis au cœur des débats la question des ressources. Elles ont également mis en évidence leur nature à la fois économique et politique (répartition des ressources, enjeux liés aux inégalités, type de ressources nécessaires pour s’activer, s’émanciper, se faire entendre, peser dans les rapports de force socio-économiques…). Les ressources renvoient à l’ensemble des dispositifs politiques et institutionnels qui cadrent l’organisation de l’action collective. De ce fait, elles constituent un objet heuristique pertinent pour aborder les phénomènes économiques et sociaux actuels et à venir, en particulier ceux liés à la transition écologique.

Dans l’esprit d’ouverture qui caractérise l’approche pluraliste promue par l’AFEP, le congrès reste ouvert à toute thématique ou approche. Les propositions ne portant pas explicitement sur la thématique du congrès sont donc également bienvenues et attendues.

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