10e Congrès international de l’AFEP 2020 : Ressources – 1 au 3 juillet 2020

Les multiples crises environnementales, migratoires, sociales, financières, productives, bancaires… que connaissent les sociétés contemporaines sont multifactorielles et interconnectées. La question des ressources se situe au cœur de ces épisodes, mettant en relief des enjeux majeurs à différents points de vue, relatifs à leurs définitions, à leur distribution et aux modalités de leur mobilisation et leur gestion stratégique et politique. S’il ne s’agit pas de réduire l’ensemble des faits sociaux et économiques à la problématique des ressources, il apparaît néanmoins nécessaire de questionner « ce qui fait ressource », dans diverses circonstances.

Cela nécessite de considérer l’ensemble des dynamiques politiques, économiques et institutionnelles qui président à leur (re)production, leur appropriation, leur mobilisation et activation, leur usage et aux conflits qui y sont liés, ainsi qu’à leur mise en valeur économique (rivale) et/ou sociale. En bref, il s’agit de questionner et de comprendre les processus qui permettent de constituer et de qualifier des objets et/ou des dispositifs en ressources, et de les gérer (de manière privée ou collective), mais également de questionner les processus par lesquels les ressources habilitent et contraignent.

Réfléchir à la question des ressources présente l’intérêt d’envisager un double croisement : à la fois disciplinaire et thématique. Les ressources renvoient très largement aux conditions de possibilité de l’action individuelle et collective, problématique au cœur des sciences humaines et sociales. Elles concernent évidemment les phénomènes économiques, notamment de manière très classique les échanges marchands (dotations initiales, droits d’accès, revenus, capacités propres à la prise de décision…). Cette thématique ouvre également vers les approches institutionnalistes, qui considèrent l’ensemble des ressources dont disposent les collectifs et les organisations (notamment les entreprises, quelles que soient leurs formes) pour assurer leurs fonctions économiques et/ou sociales : travail (ressources humaines, modalités d’organisation et de qualification du travail, ressources en connaissances…) ; capital (actifs financiers, capital manufacturé, foncier…) ; connaissances (patrimoines productifs collectifs, savoir-faire locaux, droits de propriété intellectuels) ; dispositifs de coopération et réglementation publique ; régime institutionnel d’accès aux ressources, etc.
Aborder les questions de l’organisation productive par une entrée par les ressources permet d’introduire ou de réintroduire dans les débats économiques au moins trois enjeux principaux de questionnement :

1. L’entrée par les ressources permet de réactualiser les enjeux écologiques, via la problématique de raréfaction des ressources environnementales et de leurs seuils de renouvellement ou de résilience, ainsi que de leur destruction. Étant donné le caractère de bien commun de ces ressources, cette thématique invite également à réinterroger les formes d’appropriation et les régimes de propriété dans lesquels elles sont inscrites. Plus généralement, l’entrée par les ressources invite à reconsidérer les rapports (productifs ou non, d’usage ou non) que les sociétés humaines entretiennent avec leur environnement naturel, mais également
les rapports de pouvoir qui constituent les liens sociétés/natures.

2. Aborder les phénomènes économiques et sociaux au prisme des ressources conduit à privilégier une approche par les processus, inscrits dans une temporalité historique, par lesquels des objets, des institutions ou des dispositifs « font ressources ». Les ressources ne peuvent être qualifiées comme telles qu’à partir du moment où elles ont été « activées », c’est-à-dire où des dispositifs ont été agencés et configurés de manière à servir un objectif défini. Ces processus posent de nombreuses questions. Quelle est leur nature ? Dans quelle mesure et comment structurent-ils et organisent-ils l’action collective et/ou l’action publique ? Comment et par qui sont mis en oeuvre les agencements et processus d’activation ? Comment les objectifs
ont-ils été négociés ? Avec quel degré de légitimité ? etc.

3. La thématique des ressources invite à (re)questionner le rôle des espaces, tant géographiques qu’organisationnels, dans l’activation mais aussi la préservation des ressources. Les enseignements de l’économie industrielle, de l’économie régionale, ainsi que de la géographie et de la sociologie des réseaux mettent l’accent sur les rôles des proximités géographiques, organisationnelles et cognitives dans les processus de coordination et dans les transactions. Cette thématique invite ainsi à ne pas négliger la dimension politique propre, non seulement aux ressources elles-mêmes, mais également, et peut-être surtout, aux différentes manières de les qualifier (capital, actif, patrimoine…) selon les objets considérés (ressources naturelles, humaines, cognitives, relationnelles, territoriales, économiques, financières…).

Les mouvements sociaux en cours, notamment en France, mais également l’actualité européenne, la reconfiguration des accords multilatéraux, les mobilisations environnementales ainsi que les enjeux migratoires internationaux ont mis au cœur des débats la question des ressources. Elles ont également mis en évidence leur nature à la fois économique et politique (répartition des ressources, enjeux liés aux inégalités, type de ressources nécessaires pour s’activer, s’émanciper, se faire entendre, peser dans les rapports de force socio-économiques…). Les ressources renvoient à l’ensemble des dispositifs politiques et institutionnels qui cadrent l’organisation de l’action collective. De ce fait, elles constituent un objet heuristique pertinent pour aborder les phénomènes économiques et sociaux actuels et à venir, en particulier ceux liés à la transition écologique.

Dans l’esprit d’ouverture qui caractérise l’approche pluraliste promue par l’AFEP, le congrès reste ouvert à toute thématique ou approche. Les propositions ne portant pas explicitement sur la thématique du congrès sont donc également bienvenues et attendues.

Organisation générale du congrès et séquence 

Période : du 01 au 03 juillet 2020, précédée d’une journée « Les Doctoriales de l’AFEP » le 30 juin 2020.
Site internet : https://afep2020.sciencesconf.org. Vous y trouverez toutes les informations liées au congrès.
Contact : pour toute question, et pour la soumission de vos propositions de communication et de panel, merci d’envoyer votre message à l’adresse suivante : afep2020@mailoo.org
Le congrès conjuguera des sessions plénières et des ateliers thématiques en parallèle. Afin de favoriser les échanges avec les collègues non francophones, les communications en anglais sont bienvenues.

Trois types de soumissions sont possibles 

Proposition de communication scientifique : chaque auteur.trice soumet une proposition (avec un résumé étendu : une page + références bibliographiques)
Proposition d’atelier thématique fermé : chaque coordinateur.trice d’atelier propose une thématique et une liste d’intervenant.e.s., assure la collecte des propositions de communication et anime l’atelier une fois accepté
Proposition d’atelier thématique ouvert : les communications regroupées dans l’atelier thématique seront choisies parmi les propositions de communication scientifique et/ou pourront donner lieu à des appels à contributions spécifiques envoyés par les coordinateurs.trices une fois l’atelier accepté.

Échéancier de l’appel à communication 

– diffusion de l’appel à communication : 15 octobre 2019
– propositions d’ateliers thématiques (une page + références bibliographiques + liste des contributions pour les ateliers fermés) : retour avant le 15 janvier 2020
– propositions de communication scientifique (résumé étendu : une page + références bibliographiques) : retour avant le 1er mars 2020
– pour les ateliers thématiques ouverts, un appel à communication spécifique sera envoyé par les animateurs.trices, les résumés étendus seront attendus pour le 15 mars 2020
– notification d’acceptation des communications : 31 mars 2020
– envoi des articles complets : 1er juin 2020 (pour mise en ligne sur le site du congrès, sauf avis contraire transmis par les auteurs.trices).

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